TORTURA



















 

SPEECH AT EUROPEAN PARLIAMENT BRUSSELS - June 2008
Formto DOC 55 Ko
Patricia Jirón Silva
EXIL's Psychologist
exilspain@pangea.org
Barcelona (Spain), June 2008

REACCIONES Y VIVENCIAS
Formto PDF 2 955 Ko
Jorge BARUDY

MIGRACION POLITICA, MIGRACION ECONOMICA
Formato PDF 3 971 Ko
Jorge BARUDY

INTERVIEW RECUEILLIE PAR GILBERT PREGNO ET PARUE DANS LE "TAGEBLATT" (Francés)
Formato PDF 24 Ko
Jorge BARUDY

HERIDAS OCULTAS
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Maite GUTIÉREZ

LA DOULEUR INVISIBLE DE L'ENFANT (Francés)
Approche éco-systémique de la maltraitance
Jorge BARUDY
Editions Erès
1997

INTERVIEW RECUEILLIE PAR GILBERT PREGNO ET PARUE DANS LE "TAGEBLATT"(Francés)
De la violence organisée à la violence familiale
Entretien avec Jorge Barudy

BREAKING THE SILENCE (Inglés)
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CT speaks to doctors whose life's work is to help victims of torture

Reos de Tortura: escenas de tortura en la prision iraquí Abu Ghraib
Formato pdf
Por Blanca Torquemada

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LA DOULEUR INVISIBLE DE L'ENFANT


















La famille présente une structure tridimensionnelle : biologique, sociale et langagière.

 

Jorge Barudy est d'origine chilienne, il quitte son pays en 1973 après une expérience personnelle de la prison et des violences dues à la dictature militaire. Il exerce en tant que psychiatre et thérapeute familial à Bruxelles. Il a créé et dirigé un centre médico-psychosocial pour les exilés victimes des dictatures militaires latino-américaines. Depuis plus de 20 ans, il a développé une compétence clinique auprès des victimes de violence organisée et des victimes de violence familiale.
Pour l'auteur, le moteur de l'intervention médicale ou psychosociale, c'est l'engagement éthique du thérapeute.
L'intervention thérapeutique de J. Barudy associe l'épistémologie systémique et l'application d'un modèle de réseau.
Pour que ces violences puissent se mettre en place, J. Barudy identifie trois groupes : les tortionnaires, les victimes et les tiers qui sont complices ne faisant rien pour que la situation change.
Les violences intra-familiales traduisent un dysfonctionnement de la famille, mais également des systèmes institutionnels et sociaux qui l'entourent.
J. Barudy évoque un cycle transgénérationnel de la violence. Un enfant maltraité peut devenir plus facilement un parent maltraitant. Sans une verbalisation des comportements maltraitants et de l'idéologie qui les sous-tendent, il y a production de patterns de comportement, de connaissance et de croyance. Il existe une interrelation entre les différents types de maltraitance. La maltraitance résulte de la défaillance ou de l'échec de : " la possibilité d'attachement et de la parole ".
L'auteur définit les mauvais traitements à partir du degré de dommage et de souffrance qu'il en résulte plutôt que par la fréquence, l'intensité ou/et l'intentionnalité.
Il classe les violences physiques et les abus sexuels dans les maltraitances actives et la négligence dans les maltraitances passives.
La famille présente une structure tridimensionnelle : biologique, sociale et langagière.
Du point de vue biologique, la famille est un système vivant qui possède une organisation autopoïétique.
Au niveau culturel et langagier, la position thérapeutique de J. Barudy est de ne pas se voir en possession d'un pouvoir pouvant changer, soigner, aider, prendre en charge quelqu'un mais comme une personne capable de se coupler à d'autres et provoquer à partir de la créativité une quantité de perturbations destinées à élargir le choix des réponses possibles chez les autres et lui-même.
Amener des personnes à parler de leurs familles permet qu'elles se sentent enracinées dans une histoire. Cela permet d'établir des liens avec les ancêtres et d'envisager le futur avec des projets et des dialogues vers les descendants.
J. Barudy note que les situations de violences latentes ou manifestes naissent de l'existence et de l'entretien d'inégalités socio-économiques. Le processus d'urbanisation contribue à la nucléarisation et à l'isolement de la famille. Les facteurs socio-culturels favorisent un processus de déritualisation cependant ce sont les rituels qui assurent les liens intra-familiaux et sociaux et il n'existe pas de proposition de nouveaux rituels.
La société industrielle a introduit au sein des systèmes familiaux et sociaux la notion d'espace privé et d'espace public. Chacun appartient à des logiques opposées et indépendantes. L'espace privé est attribué à la femme, il est axé sur l'affectivité. L'espace public se fonde sur la rationalité, l'intelligence, l'agressivité, il est attribué à l'homme.
Naissent également les termes d'individualité et d'individualisme. Les grands principes moraux ou religieux sont remis en question. Les fonctions du mariage et de la famille changent. " La société délègue à la famille le pouvoir de gérer en privé l'agressivité, les soins et la sexualité. "
Ceci à pour conséquence d'enfermer les familles dans leurs croyances, de générer des transmissions transgénérationnelles et d'empêcher l'intervention du champ social voir de favoriser la " non ingérence " et la résistance des acteurs de l'espace public. Cette non-ingérence étant justifiée par le respect de l'espace privé.
Dans les familles perturbées sur plusieurs générations c'est le système de croyance qui sous-tend les interactions violentes. La violence est alors vécue comme unité homéostatique du système.
Il n'existe pas de modèle type de familles maltraitantes, cependant l'étude clinique a permis à J. Barudy de distinguer plusieurs configurations interactionnelles qui se répètent dans les familles maltraitantes.
Avec cet ouvrage J. Barudy nous incite à la réflexion, ainsi qu'à l'instauration d'un dialogue et au respect de la différence qu'il existe entre la logique clinique et la logique judiciaire.
Isabelle Aubard



INTERVIEW RECUEILLIE PAR GILBERT PREGNO ET PARUE DANS LE "TAGEBLATT"
De la violence organisée à la violence familiale
Entretien avec Jorge Barudy


















 

 


Dans un recueil de textes, Jorge Barudy, d'origine chilienne, s'explique sur son engagement dans le domaine de l'enfance victime de violence familale: "Mon intérêt pour le thème de la violence familiale et particulièrement pour la maltraitance physique, psychologique et les abus sexuels à l'égard des enfants est pour moi une nécessité vitale de m'expliquer et de contribuer à la disparition de la violence humaine sous toutes ses formes".

Dans le cas de parents violents et/ou incestueux, l'abuseur tente quasiment toujours de convaincre sa victime, que ce qu'il fait c'est pour son bien, naturel, nécessaire ou légitime. Ce processus ne conduit pas seulement à une traumatisation de la victime, mais en plus à un "lavage de cerveau".

Le processus thérapeutique est complexe et se joue à différents niveaux: il s'agit de libérer la victime des effets aliénants et traumatiques de la terreur familiale, de faciliter des processus relationnels non-violents, de réécrire avec la famille l'histoire explicative de ces événements.


Gilbert Pregno: A l'occasion de l'exposé public que vous avez fait, vous avez à plusieurs reprises évoqué le fait que vous avez vous-même été victime de violences, de tortures et que vous avez été interné dans les camps de concentration au Chili.


Jorge Barudy: Dans les années 70 où il y a eu le putsch militaire avec pour conséquence la chute de Salvador Allende, j'ai été fortement sensibilisé dans mon pays d'origine à la souffrance des victimes en général, mais aussi aux questions qui touchent la violence, celle que j'appelle organisée parce qu'elle relève des institutions et des Etats.

J'ai pu comme thérapeute m'approcher du monde
du tortionnaire...

J'ai pu plus tard au courant de mon expérience comme thérapeute m'approcher du monde du tortionnaire: ceux-ci ont une appartenance à un système de croyances et d'idéologies qui les légitiment en quelque sorte à faire ce qu'ils font. Ce système leur donne la distance nécessaire pour supporter sinon pour se couper de la souffrance qu'ils créent chez autrui.
Au Chili, pour moi cela a été le camp de concentration, la torture. Pour des amis, la torture et puis la disparition, la mort. L'expérience que j'ai faite dans le camp de concentration au Chili m'a permis de vivre des situations de résistance collective, un climat de grande solidarité. Après coup et en ayant réussi à m'en sortir, j'ai pu en tirer quelque chose de très enrichissant, qui m'a marqué et que je n'oublierai jamais.

Une contre-culture pour affronter la violence...

Vous avez parlé aussi de la violence à un niveau politique en évoquant les enfants et leurs droits.

Dans nos sociétés, nous sommes dans une situation qui paraît paradoxale. Il faut souligner l'aspect positif qui découle de l'engagement de milliers de personnes dans le monde entier pour les droits de l'enfant. Il y a là émergence d'une contre-culture à la violence, qui fait qu'on parle des maltraitements, des abus sexuels, des négligences. D'autre part, dans les sociétés dites riches, liées à une idéologie économique libérale et de marché libre, nous vivons dans la croyance que tout est à vendre et à acheter.
Il y a peu de place pour l'affectif, le relationnel et aussi pour les enfants. Le risque est que les enfants sont de plus en plus perçus comme un fardeau presque en concurrence avec tout ce qu'une société de libre marché peut nous offrir comme bien-être avec ses biens de consommation et notre recherche d'individualisme. La dénatalité, les rapports que certaines personnes développent avec les animaux domestiques (qui prennent ainsi la place des enfants), mais aussi les maltraitements et les négligences d'enfants en sont un bon exemple.
Il y a aussi l'utilisation du corps de l'enfant comme un produit publicitaire par le biais de la mise en avant de son innocence, de sa beauté, de sa sexualité. Je parle d'un processus socialement accepté et légitimé de pédophilisation de l'enfant.

L'enfant peut s'auto-signaler à d’autres...
L'abus sexuel des enfants, s'agit-il d'un phénomène en recrudescence?

Personne ne peut dire si c'est plus fréquent maintenant qu'avant. Ce qui est nouveau, c'est que la parole sur l'abus a été libérée, les dévoilements sont de plus en plus nombreux. Il y a des campagnes de prévention dans les écoles: l'enfant peut s'auto-signaler à des adultes qui sont plus attentifs qu'avant.

Une des trames de discussion consiste à polariser protection de l'enfant et travail avec les familles.

Le risque dans les interventions psychosociales et judiciaires est de parcellariser les solutions à donner, en créant des clivages, en opposant par exemple les deux points que vous évoquez. Ce qui est important c'est de développer une approche globale, écologique qui englobe tout le système familial. Cela nous conduit à penser que la protection de l'enfant doit avoir le souci de protéger ce qu'il reste de bon dans la famille. On garde alors l'espoir d'aboutir à des changements utiles non pas seulement pour la victime. Je pense qu'il faut être conscient que si quelqu'un fait quelque chose de contraire à la loi, il doit être jugé. Une des lois fondamentales de l'espèce humaine interdit l'abus sexuel. Mais la loi, et ceux qui l'élaborent et l'appliquent, doivent réfléchir